29/09/2006

29/09/06 - 01:36

Envie De Partir Loin....

Partir à la découverte de la paix et de la sérénité...



Respirer la pureté, et ne laisser le silence se briser que par le son d'un komuz ou pour écouter le khöömei, ce chant shaman qui s'élève comme un état de contact avec le cosmos.

28/09/2006

28/09/06 - 13:29

Body Perfect...

C'est décidé, je reprends consciencieusement le sport... Depuis 3 semaines, je retourne à la piscine, et à chaque séance, je rajoute 100 mètres de plus!
Soit c'est encore peu, mais après 2 années d'inaction, je ne peux pas non plus présumer de mes forces. Mais ça revient doucement, un peu comme le vélo... Bon le vélo à Paris, ce n'est pas ce qu'il y a de plus top... Et puis moi, mon univers c'est l'eau. J'ai nagé chaque jour, même ceux où j'avais la tête un peu lourde de mes soirées de fiesta jusqu'à ce que je rentre à Paris... Soit 25 ans de brasses coulées...



Je ne sais pas si je souhaite ressembler à ce beau mâle, car comme on dit ; la perfection au bout d'un moment ça lasse...
Et puis devenir le centre de tous les regards, quelle horreur... Qui sait si je ne finirais pas par tant me la péter que je ne parlerais qu'à une certaine catégorie de personnes! Celles qui aduleront mon corps! Et mon âme alors... Oui, pour certains on ne baise pas avec une âme... Mais blotti dans les bras puissants d'un mâle.. Autant se taper Big Jim, non!
Du coup, je finirais par regretter mon corps d'antan... Bon piscine, oui... Body Perfect Fuck!

24/09/2006

24/09/06 - 18:07

Gracias



La vie est un peu comme une chanson que l'on écrit et compose lentement, au fil des heures, des jours, des mois et des années.
Chaque instant révèle le mystère même de notre existence. Nous pouvons rire ou pleurer, aimer ou se détourner de l'autre, ce qui restera à jamais et qui apportera toute sa magie, ce sont ces moments privilégiés, sereins et beaux qui nous font réaliser à quel point le bonheur peut ensoleiller notre coeur.
J'ai eu l'impression, hier soir de le toucher, et en l'espace de 10 heures, me retrouver comme un gamin émerveillé, savourant les délices e la vie.
Réunis sous un même toit, mes belles amies de toujours, des amis travaillant dans la même collectivité que moi, qui ont toujours été présents, surtout après cette difficile expérience du 'harcèlement moral. Et puis, ceux que j'ai découverts grâce à ce site, de grandes âmes qui sont entrées dans ma vie, simplement, mais avec chaleur et sincérité, Et leurs amis spontanés et chaleureux, croisés au fil de soirées au Fada, ou dans des dîners, .
Je ne peux oublier, ceux qui pour des raisons de distance, de travail, n'ont pu être là physiquement, mais auxquels j'ai pensé.
Dans la chanson de ma vie, il restera à jamais gravé, ce moment unique où les amitiés se sont confondues pour n'en faire qu'une seule et unique. Celle qui jour après jour ensoleille mon coeur, me permet de respirer, et surtout me donne foi dans les autres.
Merci pour cet instant qui je le sais va durer de belles et longues années..

22/09/2006

22/09/06 - 12:04

Histoire De Maringouins !



Marine attendait Fabien, qui avait décidé de rester chez Yacine, son amant. Fatima, la soeur de ce dernier s'est enfuie de chez ses parents, il y a 3 mois, pour vivre au grand jour sa relation avec Pierre-Alain, un jeune homme de bonne famille, dont le père a semé à tous vents ses spermatozoïdes, ces 30 dernières années. Sa femme Anne-Alice, noie son malheur dignement en se descendant 2 à 3 bouteilles de chatreuse par jour. Du coup, son haleine est toujours parfumée...
Elle a un deal avec son cousin Robin qui a choisi de se retirer dans un monastère, afin d'entamer une longue retraite sur l'existence de l'homme et son égoïsme. Pour ça, Robin lui ne l'est pas, il se fait enfiler par tout le monastère, et quand il ne souhaite déranger personne, il se détend avec un cierge pascal.

De temps en temps, il reçoit la visite de sa jeune soeur, Marie-Bernadette. Comme elle exècre ce nom, elle lui répète à chaque fois : "Appelle moi Marb!"
Comme elle était mignonne, lorsque gamine elle chevauchait son poney sans se soucier des jolis robes en cotonnade blanche que Mère l'obligeait à porter. Elle avait beau trépigner, hurler, rien à faire, elle devait montrer à la société, combien une jeune fille délicate savait tenir son rang. Ca la fit bien marrer, lorsque des années plus tard, elle découvrit dans le tiroir de la table de nuit de sa mère, une boîte où était inscrit "Consolation".Le trésor qu'elle renfermait, lui fit pousser un "yop" d'admiration! Comparé à celui de son père qu'elle avait observé pendant qu'il se tapait Consuelo, la cuisinière uruguayenne, il n'y avait pas photo... Elle pouvait comprendre que sa mère ne se satisfasse pas d'aussi peu...
Soudain, tout devint plus clair dans son esprit... "Plus tard, j'en veux un comme ça..."

Marine attendait toujours Fabien... Le temps commençait à tourner à l'orage, et de grosses gouttes de pluie tombaient lourdement sur l'asphalte poussiéreux.
Elle se mit en quête d'un endroit pour se protéger. Apercevant au loin un abribus, elle courut se réfugier en-dessous...
Un homme jeune, extrêmement beau, les cheveux blonds coupés courts s'y trouvait. Ils se sourirent.
"Quel canon, ce mec..."
Jamais, il ne lui était venu à l'esprit de tromper Fabien, mais là, elle était électrisée par la beauté et le regard de ce type. Lui aussi ne semblait pas indifférent à son charme. En rejoignant cet abri, elle avait taché de poussière mouillée, l'un de ses escarpins safrans. Il se penchât pour lui nettoyer avec un mouchoir blanc bordé de fine dentelle.
"Je m'appelle Marb, lui dit-il en se relevant."

21/09/2006

21/09/06 - 14:08

Je Ne Suis Qu'un Type Qui...



Anjani Thomas - The Golden Gate


Errant au hasard des rues de la ville, le regard fixé vers un horizon lointain et si vaste qu'il se confond au néant, je suis la course d'une brise légère qui me pousse vers l'inconnu.
Certains passants me regardent en souriant, comme pour me souhaiter bonne chance.. Je trouve refuge dans ces regards, car sans me connaître, ils ont tendu leur main pour retirer des lambeaux de mon âme détruite...

On passe trop souvent à côté de ceux qui sont là, présents, sans rien attendre en retour, juste le besoin de partager. C'est si simple, mais pour certaines personnes, ce n'est jamais complètement sincère... Il est vrai que nous vivons dans une société rongée par le doute, l'égoïsme et une certaine fatalité... Du coup, nous ne savons plus qui croire, ni en quoi croire! Je n'entends pas une croyance en un dieu ou un autre, mais simplement la foi d'accepter que l'on nous aide à supporter la douleur.
Ce n'est pas facile, l'humain est loin d'être parfait. Même celui qui donne reste en proie à ses propres craintes, mais parfois elles lui semblent si insignifiantes face à celles des autres.

Je sais qu'à la lecture de mes textes, je semble être un homme blessé et fragilisé par la vie. Oui, c'est vrai, j'ai mes propres blessures, mes propres épreuves, et mon blog me permet de me parler, de me soigner, de m'écouter dans une thérapie toute personnelle.
Pourtant, j'ai plus de forces qu'il n'en paraît, plus de vie en moi que le laisse supposer les écrits.

Mais j'ai fais mes propres choix, il y a bien longtemps... Laisser ma place pour celle ou celui qui en aura le plus besoin. Il est difficile de me comprendre, car il y a tant de non-dits de ma part, que cela peut prêter à confusion, ou faire naître les pires craintes. Je m'en excuse auprès de ceux qui m'aiment, en aucun cas je n'ai souhaité les inquiéter ou les blesser... Mais comment leur faire comprendre que je suis capable de leur donner ma force, mon souffle, ma vie, oui ma vie pour les voir toucher ce firmament où ils trouveront leur propre étoile.
Ce n'est pas pour autant que je ne continuerai pas à chercher, moi aussi mon astre de lumière, mais j'ai trop tendance à me faire passer en arrière-plan pour privilégier l'autre.
Rien n'est calculé, tout est spontané, sauf peut être certains de mes silences, car il est des mots qu'il est préférable de taire pour éviter d'angoisser les autres.

Cette dépression qui m'a fait tomber bien bas, et qui aurait pu me rendre amer et haineux, ne fait que me conforter dans ma philosophie de vie. Je resterai à jamais celui que je suis... Etrange, surprenant, déstabilisant parfois! Mais prêt à tout pour voir un sourire se dessiner sur un visage mouillé de larmes.
Je ne suis pas un saint, et je me fous de la reconnaissance. J'emmerde ceux dont le coeur est fait de marbre, et dont les mots ont un parfum d'égout.
Je ne leur demande rien, je ne les vois pas, alors qu'ils aillent salir ailleurs. Je n'ai plus de temps à perdre avec la haine, je ne l'ai jamais eu d'ailleurs. J'ai toujours exigé des miens qu'ils me lancent à la face, ce qui à un moment ou un autre pouvait les gêner... Mais que des étrangers se permettent de me juger ne provoque en moi que mépris...

Je ne suis qu'un type qui continue d'errer au hasard des rues de la ville, d'aimer au hasard des rencontres.

20/09/2006

20/09/06 - 18:15

Aguas De Muerte - Fin

Dans certains pays, le culte de la mort est sacré. Un être s'en va, et tout n'est plus que souffrance. On vit le deuil, dans son coeur, dans sa tête, sur ses épaules. Noir tout est noir et doit le rester.
Pleurer, crier, geindre, se lamenter, hurler... J'aurais voulu tuer ces étrangers s'accrochant à notre douleur jusqu'à s'en imprégner, s'en repaître.

Ma mère trouva inconcevable de nous laisser dormir, mon cousin et moi, dans cet environnement, au milieu des plaintes qui envahissaient la maison jour et nuit. Elle aurait voulu les envoyer tous au diable, mais en ces années de dictature, le religieux était sacré.

Une voisine proposa de nous héberger chez elle, jusqu'à notre départ prévu le surlendemain.
Je retrouvais un endroit calme et serein, et terrassé par la fatigue et l'émotion, je m'endormais à peine couché dans le lit. Au petit matin, nous nous retrouvâmes dans la cuisine où un copieux petit déjeuner nous avait été servi.
Pour la première, et la dernière, fois de ma vie, je bus du café au lait... De chèvre... Je crus que Daniel et moi allions piquer un fou-rire des grimaces que nous nous faisions, chaque fois que nous avalions une gorgée.

Arrivés chez notre tante, il y avait un sacré raffut. En Espagne, les enterrements se font dans les deux jours suivant un décès. Le problème était que mon grand-père n'était pas espagnol, et qu'en aucun cas, ma grand-mère souhaitait voir son mari enterré dans ce trou perdu.

Si à notre époque, le rapatriement d'un corps n'est pas chose aisée, dans l'Espagne franquiste, c'était carrément du domaine de l'impossible. Faire voyager le cercueil en avion ou en train n'était pas envisageable, il ne restait que la route. Mais une question restait en suspens, comment obtenir les autorisations, et trouver un véhicule.

La soeur de ma mère étant DRH dans une commune près de Pais, là où elle vivait. Elle réussit à obtenir les autorisations pour l'inhumation, après avoir parlé avec le maire de cette ville au téléphone. Il ne restait plus qu'à faire sortir le corps.

En fouillant dans ma mémoire, je n'ai qu'un vague souvenir d'un couple, et encore, je ne revois qu'elle, une blonde dans la trentaine, et leur véhicule gris type break.
Je ne sais pas comment mon grand-père est arrivé de ce village de l'Aragon à une petite ville de la banlieue nord... Lorsque j'ai posé la question à mes parents, quelques mois plus tard, mon père m'a répondu : "il y a des choses qu'il vaut mieux éviter de savoir..."



Je préfère ne pas imaginer, ce serait comme raviver des douleurs lointaines, et ce n'est pas nécessaire...

Pourquoi parler de tout ça aujourd'hui... J'ai trop longtemps fermé ma mémoire sur cette époque, n'en parlant que rarement. Il y a quelques mois, j'ai eu besoin de m'en ouvrir à un ami, comme pour exorciser l'oubli...

J'étais très proche de mes grand-parents paternels, j'étais leur seul petit fils... Ce grand-père là, je l'aimais, mais de loin. Je le voyais moins souvent, ils passaient avec ma grand-mère plus de temps avec les enfants de la soeur de ma mère.

Assister à sa mort reste une image horrible pour un si jeune gamin, et son visage restera éternellement celui qu'il avait porté par les flots. C'est peut être pour cette raison, que j'ai si longtemps fermé mes yeux et mon coeur...

19/09/2006

19/09/06 - 10:43

Aguas De Muerte - 3

La seule personne parlant quelques mots de français, était une femme sans âge, aux cheveux grisonnants pas très propres, inquiète et nerveuse. Elle devait sûrement cacher un secret, car comment pouvait-on connaître cette langue dans ce village au bout du monde. Elle se rendit au bureau de la téléphoniste afin de communiquer la triste nouvelle à nos familles.

Venir de France, dans ces années de dictature n'était pas simple, surtout pour ceux qui possédaient un nom à consonance hispanique. La loi de développement touristique n'avait pas encore été décrétée, et les rares personnes qui s'aventuraient en Espagne par le train, étaient souvent ceux-là même qui avaient été obligés de fuir, bien des années auparavant.

Deux jours après le décès de mon grand-père, j'aperçut un taxi s'arrêter sur la grand-place, à hauteur de notre maison. Dés que je vis ma mère sortir de la voiture, je me précipitais dans ses bras. Elle semblait si abattue, son regard si pétillant était éteint baigné de larmes. Elle me serra très fort contre elle en m'embrassant. Je ne sais pourquoi, mais il me reste toujours en mémoire cette image de ma mère, toute de douleur contenue, un léger sourire aux lèvres en me regardant, et ces larmes qui coulaient lentement sur sa joue. Alors que sa soeur paraissait plus froide, en déposant un baiser sur la joue de mon cousin.

Le cercueil ouvert avait été déposé dans une pièce ouverte, attenant à l'entrée de la maison. Jusqu'à notre départ, nous passions à plusieurs reprises devant. Les gamins du village avec qui nous avions sympathisé, venaient nous chercher pour jouer, et chaque fois nous demandaient, s'ils pouvaient voir notre grand-père.
Il portait un jean, des sandales fermées en cuir marron et une chemisette à carreaux. Il paraissait se reposer. De temps en temps, je m'approchais du cercueil et l'embrassait sur le front.

Le morbide de cette image n'avait pas de sens pour le môme que j'étais. C'est bien plus tard, en voyant un autre cercueil ouvert, que je réaliserai l'horreur de l'instant, et que plus jamais, je ne pourrais voir un corps allongé sans vie.



Ce qui me trouble encore, ce sont ces chemisettes d'été à carreaux... Lorsque parfois je croise un type avec, j'ai comme un noeud au plus profond de mon coeur, et pour éviter d'étouffer, je cours l plus vite et le plus loin possible, de cette image de douleur.

- à suivre

18/09/2006

18/09/06 - 13:51

Aguas De Muerte - 2

Il était là, allongé devant moi, et dans ma tête j'entends encore les cris de désespoir de ma grand-mère et de ma tante, ces jeunes hommes qui tentent vainement de le réanimer, et mon cousin, le seul à ne pas parler l'espagnol, qui me prend contre lui en sanglotant.
"Il est mort, Marco."

Je ne sais plus comment nous sommes rentrés au village, tout est confus dans ma mémoire, je ne sais pas si vraiment j'avais réalisé sur l'instant que cette image d'horreur de mon grand-père porté par le courant, était réelle... Mon imagination me jouait certains tours, et l'idée de la mort de ceux que j'aiment m'a toujours paralysé.

Le bruit de la tragédie s'était répandu si vite de verger en bergerie, de maison en église, qu'un long cortège d'anonymes nous accompagna jusqu'à la maison de ma tante. Nous montâmes, mon cousin et moi, à notre chambre pour nous changer. En passant devant la chambre de ma tante, je les vis posés-là sur le lit... Deux robes noires, des bas, des sous-vêtements... Comment connaissaient-ils leur taille....

La nuit venu, alors que nous étions dans le lit silencieux, une longue plainte se fit entendre, puis une autre et une autre et des mots murmurés envahirent la maisonnée.
"C'est quoi Marco, me demanda mon cousin"
- Des femmes qui pleurent, lui répondis-je"
- Mais pourquoi elles pleurent, elle ne nous connaissent pas, reprit-il"
- Ce sont des sorcières"



- à suivre

17/09/2006

17/09/06 - 09:58

Aguas De Muerte

Il souhaitait que nous partions une journée à Calatayud, la ville le plus proche de ce village perché sur un rocher où nous passions ce mois de juillet.
C'était la première fois que je partais en vacances, seul, avec mes grands-parents maternels. Depuis que nous vivions à Cuba, je les voyais chaque fois que je rentrais en France, mais tous deux travaillaient, et la soeur de ma mère ayant épousé un français et étant parents de 3 enfants, des liens forts s'étaient crées entre eux, du moins en apparence... mais c'est une autre histoire...
Mon grand-père paternel était né en France, d'une mère italienne et d'un père hongrois, ma grand-mère, elle était espagnole, et n'était pour ainsi dire jamais retourné dans son pays, excepté une fois lorsque j'avais 5 ans, ils nous avaient rejoints dans la Sierra de Gredos, et pour la première et dernière fois de ma vie, je passais mes vacances avec mes grands-parents au complet.
Trois ans plus tard, nous partîmes mes grands-parents, mon cousin et la soeur de ma grand-mère, pour l'Aragon, dans un trou perdu, isolé du monde où toute la dimension du franquisme pouvait se respirer, comme un air étouffant qui se colle à vous comme une chape de plomb.
Ma grand-tante toujours aussi experte dans le maniement de l'argot, plus que dans celui de sa propre langue, m'expliqua ; "Ces mariconazos nous regardent avec envie et dégoût... Envie car mon mari, bien qu'anarchiste a réussi à fuir et à se construire une vie loin de ce village. Dégoût, car nous représentons tous ce que ce putain de pays et de régime dégueule de ses tripes!"
Mon cousin, en bon petit français ne comprenait rien, déjà tout comme ses parents, ils n'avaient jamais pu se faire à l'idée que nous soyons aller vivre à Cuba, et pour son premier voyage en Espagne, il se retrouvait dans un bled paumé, sans bar, où personne ne parlait le français, et où ça puait la chèvre, comme il disait.
Cela faisait exactement 11 jours que nous étions arrivés, quand mon grand-père décida que nous devions passer une journée à Calatayud, première ville importante à 25 kilomètres de là. Nous pourrions en profiter pour faire des courses, car à Carenas, à part quelques fruits et légumes, des conserves de sardines ou de la viande de mouton (parfumée à la chèvre), on ne trouvait rien. Et en plus, il tenait absolument à nous payer un bon restaurant.
Ce fut une journée de fête, c'est comme si nous étions revenus parmi les "presque" vivants.... Ma grand-mère et sa soeur dévalisèrent les étalages du marché couvert, mon grand-père, mon cousin et moi attrapant au vol, leurs sacs en plastique pour remplir les paniers.
Après un très bon restaurant, nous nous assîmes au bord de l'eau, le Jalon était si calme à Calatayud. A Carenas, il était impossible de s'y baigner tant le courant était fort.



Je ne sais pas pourquoi, mais je sentis comme un frisson parcourir ma peau... Les yeux de mon grand-père semblaient comme transparents... Il aperçut mon regard et se tournant vers ma grand-mère, lui dit ; "Marco et Daniel sont fatigués. Nous rentrons à Carenas, et j'irai jusqu'à la rivière faire ma toilette."
Dans le village, il n'y avait pas de salle de bains, et pour faire sa toilette, il fallait se débrouiller avec la cruche et la bassine.
Une fois les emplettes déposées à la maison, nous sortîmes du village et nous approchâmes de la rivière. Ma tante s'installât pour nettoyer les calmars achetés au marché, mon cousin et moi, nous restâmes à ses côtés pour faire des ricochets dans l'eau.
Mes grand-parents s'étaient avancés un peu plus haut, et je vis mon grand-père chercher un bâton pour vérifier la profondeur de l'eau.
Alors que ma tante nous racontait une histoire cochonne, dans un franspagnol dont elle avait le secret, nous entendîmes ma grand-mère hurler... "Ah ma petite soeur a du faire tomber le savon dans l'eau, nous dit ma tante en souriant"
Puis ma grand-mère se remit à hurler le prénom de mon grand-père, elle courait au fil de l'eau. Sa soeur la rejoignit et après avoir poussé un cri énorme, elle tomba en plein milieu du chemin...
Mon cousin et moi, ne comprenant rien, nous nous précipitâmes, et avant que ma grand-mère puisse nous retenir, nous vîmes le corps de notre grand-père dans l'eau. Il se tenait bien droit allongé dans l'eau, emporté par le courant sans faire le moindre geste, comme si la rivière était son lit. Nous suivîmes le corps pendant plus de 3 kms, jusqu'à ce que nos cris alertent de jeunes paysans, qui bien que ne sachant pas nager, sortirent mon grand-père de l'eau.
Je me mis à crier heureux : "Il est vivant, il est vivant..."
Mon cousin de 2 ans mon aîné, pleurait. Il me regarda, me prit la main et me fit un signe négatif de la tête.
J'avais huit ans, et cette image restera à jamais gravée dans ma mémoire...

- à suivre

15/09/2006

15/09/06 - 20:38

Pa' Mi Amigo Del Alma !

La première fois que nous nous sommes rencontrés, nous avons parlé de nos pays, nos racines, nos révoltes sur un continent qui a tant souffert... Et puis nous avons chanté... Tout le répertoire hispano-américain y est passé... Cette chanson-là aussi! Dans une version bien différente..



Siempre creo que algunos Angelitos Negros nos vigilan y alimentan la llama de nuestra amistad...

Bon retour à Paris, Amigo Mio !

15/09/06 - 12:49

Mirada...

Il y a tant à lire dans un regard...



Du plus loin que je me souvienne, c'est ce qui m'a toujours guidé vers l'autre..
Quand j'étais jeune, les mecs disaient : "T'as vu ses nichons", les filles mataient plutôt le look ou les muscles. Puis au fil des rencontres, et de ma vie, il y a eut les ;"t'as vu ce cul!" ou "Putain, mattes le paquet".
C'est vrai que je me suis retourné sur de belles plantes, qu'elle soient féminines ou masculines, mais rien ne m'a jamais autant troublé qu'un regard. Celui qui vous donne accès au plus profond de l'autre.

Je ne sais pourquoi, les regards teintés de tristesse sont toujours ceux qui m'ont le plus ému. Ce voile de mélancolie posé sur les yeux illumine un regard, un visage.
Ces regards où perle l'émotion, comme des gouttes de vie qui résistent à ces sombres nuages qui voudraient les entraîner bien loin..

C'est vrai que ce ne sont pas toujours les personnes les plus simples à aborder, à accompagner, mais il est comme un fil conducteur de leurs yeux à mon coeur....
Et ce fil-là, c'est un peu celui d'Ariane, celui que je prends entre mes doigts pour trouver le chemin de l'autre.

14/09/2006

14/09/06 - 12:10

La Marquesa de Bertrandjik

Lorsque la Marquise de Bertrandjik rejoint sa maison de Neuchâtel, elle est toujours émoustillée de retrouver l'air pur de la Suisse et son cher Marquis, dont la voix entonnant des mélodies de sa Pologne lointaine, l'a font chavirer...



A force de narguer le pauvre Hub, et de se gausser de son goût pour le Sombreros et les Mantilles, notre Cher Bertrandjik va pouvoir entonner cet air dans le train qui va le conduire vers la Suisse voisine...

12/09/2006

12/09/06 - 11:50

Dédicace Al Hidalgo Hub

Qui aurait imaginé que notre Hubichon favori cachait au plus profond de lui, le feu brûlant d'une séguedille...



Alors que nous attendions sagement dans la file d'un cinéma parisien, il a soudain eu envie de nous pousser la chansonnette, imaginant le cher Bertrandjik en Carmen de Men, et moi en TSF d'un temps lointain pour lui remémorer les paroles de cette chanson inoubliable..

Il suffit de cliquer sur Hubaspaña pour écouter ce bijou et qu'il puisse enfin apprendre les paroles pour nous la chanter bien vite !

Olé !

12/09/06 - 10:46

Little Miss Sunshine



Une femme au bord de la crise de nerfs, un conférencier de motivation ironiquement en faillite, un homosexuel suicidaire qui enseigne Proust à l'université, un adolescent qui a fait voeu de silence, un grand-père obsédé sexuel et accro à l'héroïne: les Hoovers forment une famille dysfonctionnelle où le seul rayon de soleil perçant à travers ce clan orageux est la jeune Olive. Quand cette dernière est sélectionnée pour participer à un concours de beauté en Californie, tout ce beau monde s'entasse dans un Westfalia en ruine et s'engage dans un périple riche en rebondissements...

Ce "petit film" est grand de coeur et d'intelligence. J'adore les roads movies, et celui-ci sur une famille disfonctionnelle, fonctionne à plein régime. Je n'ai pas autant ri depuis longtemps pendant une projection. Le film qui est sans temps mort procure une certaine jubilation. Il a même une valeur thérapeutique, puisqu'il aborde des thèmes très graves, mais traités avec un humour intélligent et surprenant. Plusieurs scènes sont mémorables de simplicité et d'émotion.

 


O'Kubi Café
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Quiero tus campos fecundos y tus desiertos colmados
Dame tu piedra escondida para entregarte mi mano.
Dame tus ríos profundos para ser tuyo y ser manso.

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