"Un Bbloody Mary, Por Favor ! "
Je le jure devant Dieu que rien n'était prémédité ! Au moment où il s'est approché du bar, tranquillement, l'air vaguement absent, je savais déjà à ses yeux ce qu'il allait me demander...
"Un Bbloody Mary, por favor ! "
J'ai versé la vodka dans son verre, le jus de tomate, 2 gouttes de tabasco. J'ai pris un piment bien rouge entre mes doigts. Il m'a regardé surpris lorsque je l'ai porté à mes lèvres, croquant à pleines dents dans ce fruit du supplice. J'ai caressé ses lèvres avec l'autre moitié. Ses yeux ont commencé à se mouiller de larmes, le feu lui arrachant la bouche...
Ses yeux avaient un je-ne-sais-quoi du toréador face à la bête, refusant de rendre les armes... Avant qu'il ne plonge son épée dans mon coeur, j'ai ajouté un soupçon de cyanure dans son verre.
Une fois qu'il a terminé son verre, je lui ai souri tendrement, suis sorti de derrière le comptoir et lui ai fait signe de me suivre.
Sans hésiter, il a suivi mes pas vers l'arrière-cour, Macho fier de cette proie si facile...
J'ai ouvert la porte donnant sur la cave et l'ai engagé à descendre... Il commençait à tituber, sa vue se troublait... Il m'a demandé d'allumer la lumière... J'ai chuchoté d'une voix suave que nous devions éviter d'éveiller l'attention.
A peine avait-il commencé à se diriger vers l'obscurité totale, que je l'entendit hurler et dévaler les marches d'un poids mort...
De retour au bar, un type d'une trentaine d'année gominé facho à la mode des nostalgiques de cette ordure de dictateur, me lança d'un ton agressif...
"Un Bbloody Mary, por favor ! "